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A la rencontre de Corentin Denolly

Corentin Denolly est décrit par de nombreux observateurs du tennis national comme un grand espoir. Ce natif de Vienne participe avec son club formateur, le Grenoble Tennis, aux interclubs 1ère division pour couper avec le quotidien de l’individuel. Interview de ce fan de Rafael Nadal qui semble avoir passé un cap à 19 ans cet été.

Ce week-end avait lieu la première journée des interclubs ? Quel est ton sentiment sur cette première journée ?
On fait 3-3 face au TC Paris. Globalement le résultat est assez positif. On ne perd pas. Mais il y a quand même de la frustration. On mène 2-0 et on se fait rejoindre. Sur notre double on perd au tie-break, On savait que ça pouvait tourner, ça s’est un peu jouer à pile ou face. Mais au final, c’est assez logique. Après, c’est un bon résultat mais viser plus haut, je ne sais pas. Cette année, il n’y a pas de demi-finales, c’est directement la finale après les poules donc il faut finir premier pour passer au tour suivant. En tout cas, il va falloir continuer comme ça, gagner des matches pour se maintenir.
Pour moi, sur mon simple, j’ai eu du mal à rentrer dedans. D’habitude, Je m’entraîne à Roland Garros où la salle est chauffée. Là, il faisait plus froid et je n’ai pas forcément l’habitude de jouer dans ces conditions. Je prends un petit démarrage puisqu’au premier set, je suis mené 4-1 après un double break. Mais une fois mon rythme trouvé, je n’ai pas tremblé (il sort vainqueur contre Alexis Musialek 6-4, 6-3).

Qu’est-ce que t’apporte ce genre de rencontre ?
Depuis tout petit j’aime bien ce sentiment de jouer entre pote. L’esprit d’équipe, défendre les couleurs de son club. Je suis resté dans le même département, dans la même Ligue entre autre pour ça. Je joue avec des mecs que je connais très bien. On a une bonne équipe. En plus, on n’a pas l’habitude de jouer des rencontres comme ça donc ça fait plaisir de se retrouver en groupe, de changer du quotidien de l’individuel.

Tu défends officiellement les couleurs du club de Grenoble en première division mais tu t’entraînes entre Roland Garros et le Centre National d’Entrainement (CNE) dont la mission est de former les futurs pros du tennis français. Comment tu gères tout ça ?
Le CNE est basé à Roland Garros donc au niveau déplacement ça va. Après Grenoble, je sais que je suis à la maison, ça peut dépanner pour avoir un partenaire, retrouver des gens que je connais bien. Par exemple, avant mes qualifications pour Roland Garros, je suis allé m’entraîner à Grenoble parce que je n’avais pas de partenaire. Mais ma base d’entraînement c’est Roland. Souvent quand je reviens à Grenoble, c’est plutôt pour profiter de ma famille, pour les voir.

« Le fait de ne pas avoir suivi une scolarité classique ne m’a pas gêné. Ça m’a permis de devenir mature plus vite je pense, d’apprendre à gérer tout seul les choses »

Tu es fan de foot, même supporter de l’Olympique Lyonnais. Pourquoi le tennis plutôt que le football ?
Quand j’étais en CP, mes parents m’ont inscrit à un club de tennis après avoir reçu une publicité. Au départ, je voulais pratiquer le foot et le tennis en même temps. Mais avec le tennis, ça a tout de suite collé. Mon entraîneur a dit à mes parents que j’étais doué. Et ça s’est enchaîné, je me suis fait repérer au tennis, j’ai gravi les échelons.
A côté de ça, oui je suis un grand fan de foot, mais un passionné de sport en général. Dès qu’il y a un match de foot, de tennis ou autre et que le temps me le permet, je le regarde à la télé. Ça m’arrive de faire des foots avec mes potes du tennis. J’aime aussi beaucoup faire des sorties à vélo.

Comment un jeune homme de 19 ans concilie sa vie sociale, ses études avec son rêve de devenir tennisman professionnel ?
Dès le collège, Je faisais souvent des tournois à travers la France, à l’étranger. A l’école, je passais un peu en coup vent. Dès la 3ème j’ai fait le CNED (Centre national d’enseignement à distance). Et puis au lycée, j‘ai continué les cours par correspondance jusqu’au BAC que j’ai passé en candidat libre. Mais je ne me suis jamais
retrouvé tout seul. Au club, Je retrouvais mes potes du tennis. Et puis à force de tournois sur le circuit, tu rencontres des gens : des français, des étrangers avec qui je garde contact. Le fait de ne pas avoir suivi une scolarité classique ne m’a pas gêné. Ça m’a permis de devenir mature plus vite je pense, d’apprendre à gérer tout seul les choses.
En ce moment, Je suis inscris en STAPS à Grenoble. Pour concilier les études avec mon emploi du temps, j’ai le statut de sportif de haut niveau. Je dois admettre que c’est plutôt cool d’avoir des cours aménagés pour passer mes examens. Et puis STAPS, c’est la suite logique de ma passion pour le sport.

Comment on finance tout ça, les tournois, les déplacements ?
Pour le financement, comme j’ai été bon en junior, j’ai la chance d’avoir des sponsors qui me suivent. J’ai aussi des aides de la fédération. Ce sont mes parents qui gèrent mon compte. Ils me disent « concentre toi sur le tennis ». Aujourd’hui, j’ai la grande chance de me focaliser sur ma passion et de ne pas me préoccuper de savoir si à la fin du mois, je serai dans le positif ou le négatif au niveau financier. Après, je suis conscient qu’il faut que je grimpe au plus vite pour pouvoir être challenger et pouvoir faire le plus de tournois possible pour vivre du tennis. Tu commences à gagner de l’argent à partir des demi-finales. Quand tu gagnes un tournoi, toute la dotation ne te revient pas forcément. Il y a une partie pour le vainqueur simple et les vainqueurs en double. Après, il y a les taxes à payer, les frais pour ton organisation. Donc ce n’est pas toujours simple. Mais je le répète, j’ai la chance d’avoir des aides financières que d’autres joueurs n’ont pas forcément. Des parents qui m’aident.

Est-ce que tes parents t’accompagnent en déplacement ?
Avant quand je rentrais à la maison oui. Mais maintenant je suis à Roland. J’ai un préparateur physique, un entraîneur (Pascal Lasserre). Je suis vraiment accompagné par la fédération. En plus, mon père travaille, il n’a pas forcément le temps. Venir me voir, ce sont aussi des frais qui pourrait être investis autre part. Donc souvent je pars sans mes parents.

Comment tu gères la pression, le fait que l’on te décrive comme un futur crack ?
Aujourd’hui, je suis 469ème à l’ATP je crois. Quand j’ai commencé l’année, J’ai eu du mal à assimiler ce nouveau statut. L’année passée, j’avais moins de pression. Mais après ma première participation aux qualifications de Roland Garros en mai, il y a eu une prise de conscience, des remises en questions avec mon entraîneur Pascal Lasserre au mois de juillet. Je devais passer un cap, donc j’ai beaucoup joué…Je suis encore en formation. Il faut que j’évolue mentalement. Pour avoir le moins possible de failles, de trous…Par exemple, Il m’est arrivé d’avoir de très bons matches. Et juste le lendemain, je jouais moins bien. Parfois quand je perds contre des mecs que je pense moins fort que moi…et qui gagne le tournoi par la suite, c’est beaucoup de déception. Mais ça m’encourage d’un côté.

Peux-tu nous raconter l’été particulier que tu viens de vivre. Notamment où tu as remporté ta première victoire sur le circuit principal à Trnava en Slovaquie ?
J’ai pas mal varié les tournois. Ça m’a permis de jouer des mecs contre qui je n’avais pas l’habitude de jouer. Je suis parti en tournée en me disant il faut que j’emmagasine un maximum de point. J’ai tout le temps joué sur terre battue. J’en ai parlé avec mon entraîneur et on est surtout parti en Autriche. Sur le premier tournoi, je perds au premier tour contre un mec (Sebastian Ofner)…qui me bat en finale. La semaine d’après au tournoi suivant. Cette finale est vraiment encourageante parce que je joue en m’accrochant contre un joueur vraiment très bon. Je ne lâche pas. Et puis après j’enchaîne en Slovaquie où je gagne (à Trnava). C’est mon premier titre sur le circuit principal. Sur ce premier titre, la satisfaction, c’est que j’ai su gérer mon émotion. Cette finale (contre Sebastian Ofner) m’a beaucoup aidé. Après celle-ci, J’ai pris une semaine de repos. Physiologiquement, j’ai la chance de bien enchaîner les matches sans accumuler trop de fatigue physique. Alors, après ce premier titre, Je repars en Autriche. Je ne jouais pas tout le temps bien mais je gagnais les matches. Ce qui n’était pas le cas avant. Ça a donc été un été charnière. Même en étant fatigué, je fais de bons résultats. Ça montre le chemin parcouru.

Dans de précédentes interviews, tu avais déclaré que ton joueur préféré était Rafael Nadal, c’est toujours une source importante d’inspiration pour toi ? Sachant qu’en 2015, tu as été le sparring partner de Novak Djokovic…
Oui bien sûr ! Nadal c’est le premier joueur que j’ai vu jouer quand j’étais petit. Je suis un grand fan ! Il fait toujours des coups extraordinaires. Je regarde aussi des vidéos de lui pour améliorer mon jeu. Ce qui me plaît le plus, c’est son côté puissance, ses coups assez spectaculaires. Sa hargne, sa volonté qui est assez incroyable. C’est un modèle pour beaucoup de jeunes je pense. Le tennis a besoin de champion comme lui, comme Djoko, Murray, Federer…

Donc tu essaies d’avoir le même style que Nadal, coup droit puissant, tu es gaucher…tu partages quelques caractéristiques avec l’espagnol…
Oui j’ai des caractéristiques en commun avec lui. C’est d’ailleurs aussi pour ça que je suis un fan. Je peux plus facilement m’identifier à lui. Je me définis comme un joueur asse complet, avec un jeu offensif, assez puissant quand même. Je joue beaucoup avec mon coup droit. Je suis un joueur qui sait faire pas mal de choses. Mais ça peut être aussi un désavantage. Parfois je me perds un peu dans les possibilités tactiques que je peux mettre en place… L’objectif, c’est de travailler techniquement pour avoir un jeu assez complet qui me permettrait de m’adapter à tous les types d’adversaires. Je veux surtout renforcer mes points forts. Aujourd’hui, je sais comment je dois me placer, comment réagir. En exagérant, il faut que je sois un robot. Faire le moins de fautes possible.

Comme Andy Murray actuellement ?
Oui. Enfin Murray endort l’adversaire, Je préfère comme Nadal parce qu’il ne va pas endormir l’adversaire.

Quel est le plan de bataille pour continuer ta progression ?
C’est de faire des qualifications, de challenger le plus possible. Encore des tournois Futur pour me roder. En décembre, une préparation physique prometteuse m’attend. On aura quatre semaines pour bien bosser. On va surtout continuer le travail d’explosivité. Et niveau tennis continuer de gommer les petits détails qui peuvent gêner mon jeu. Mon dernier match officiel, c’est par équipe. Avec mon club de Grenoble aux Interclubs.

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